Mercredi 25 juin 2008

LES GARDES D’HONNEUR DE SAONE-ET-LOIRE

par Jérôme Croyet, docteur en histoire, collaborateur au Magazine Napoélon 1er et à Soldats Napoléoniens
 

Le décret du 5 avril 1813, fixe le nombre minimum de gardes à fournir la Saône et Loire de 55 et le maximum de 110 à destination du 2e régiment de gardes d‘honneur cantonné à Metz.

Le 12 avril 1813, le préfet Roujoux envoi une circulaire aux maires de son arrondissement. Pour lui le recrutement des gardes d’honneur n’est pas qu’une simple levée, mais bien la base qui de formations qui « concourront incessamment à la composition de la maison militaire de l’Empereur »[1]. Cet engagement, qui est désigné comme un acte munificent de Napoléon par le préfet, est destiné à distinguer les enfants du ciment de l’Empire : ceux des fonctionnaires publics et des propriétaires, mais surtout à lier à son destin « l’élite des familles » issue de la bourgeoisie née de l’Empire.

Le préfet fait appel à la participation de 1769 personnes pour concourir à la levée en Saône et Loire. Toutes ne le sont pas par elle-même ou par un membre de leur famille, ni à cause de leur fortune. Si 69 personnes sont appelées à concourir soit par elle même, soit par un parent soit en argent, 20 personnes ne sont appelées à concourir que par la dépense à la levée des gardes d’honneur de Saône et Loire. 35% des ces personnes ont un revenu supérieur à 3 600 francs et 50% ont plus de 1 800 francs.

Le préfet Roujoux préfère ratisser large, car il « avait manifesté ses craintes de ne pouvoir atteindre le maximum, la plupart des jeunes gens de famille étant en activité de service »[2].

Un registre d’engagement est ouvert à la mairie de Mâcon. Ce registre n’est qu’un imprimé envoyé par la préfecture à l’ensemble des mairies du département, à compléter à la plume et à retourner au 15 avril 1813. Sur les 7 volontaires de Mâcon, seulement 3 s’engagent à la mairie, avant le 15 avril, les autres le font à la préfecture. Ces trois volontaires sont tous des fils de bourgeois mâconnais.

Sur un premier tableau de 72 gardes, seulement 10 sont des engagés volontaires, tous les autres sont désignés par le préfet.

9% d’entre eux seulement d’équipe à leurs frais, la plus grande majorité est équipé aux frais de leurs parents, 58%. Si ce recrutement est essentiellement bourgeois, 29% de ces premiers gardes sont habillés et équipés par le fonds commun. Sur ces 72 gardes seulement 2 sont d’anciens soldats. Par contre deux tiers de ce contingent est réputé éduqué tout comme 79% de ces gardes sont désignés comme étant des fils de personnes riches.

Le département arrive à fournir un contingent de 87 gardes principalement recrutés parmi la bourgeoisie locale.

De fait seulement 73 gardes partent dont 8 à cheval[3]. Mais parmi ce tableau définitif, le nombre des volontaires est devenu très important, avec 57 volontaires, soit près de 6 fois plus que lors de la rédaction du 1er tableau. Cet engouement pour la carrière militaire par le volontariat fait il suite à la publication d’un arrêté du préfet relatif aux enrôlements des conscrits de 1815 dans les Gardes d’honneur ? sans doute, puisque 22 de ces gardes ont alors moins de 20 ans.



[1] Circulaire du préfet de Saône et Loire, 12 avril 1813. AC Mâcon série H.

[2] LOMIER : Les régiments de Gardes d'honneur, 1813-1814.1924.

[3] Le contingent de base était de 78 gardes, 5 ont été réformés à la préfecture.

par Jérôme Croyet publié dans : Gardes d'honneur
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Jeudi 15 mai 2008

chers amis et passionnés d'histoire, d'uniforme et de 1er Empire
Après des recherches et un peu de travail, et pas mal d'embuches, voici l'historique inédit du 4e régiment de Gardes d'honneur :
cliquez sur
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Bonne lecture

par Association Suchet, armée des Alpes publié dans : Gardes d'honneur
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Mardi 24 octobre 2006

UN BRAVE, LOUIS-MARIE DECROSO, CHIRURGIEN MILITAIRE ET HOMME DE BIEN

Par Hervé Giordanengo, membre du Souvenir napoléonien

 

 

 

Louis-Marie Decroso naît le 20 mai 1777 à Nantua. Son père, Anthelme Decroso est propriétaire, notaire à Pont-d’Ain et fut agent municipal puis maire de 1797 à 1813. Sa mère est Anne-Claudine Mathieu. Son parrain est Louis Decroso, procureur. Il appartenait à l’une des plus honorables et des plus anciennes familles de Pont-d’Ain. Pas moins de cinq générations de notaires s’y succédèrent. On trouve d’ailleurs trace de sa famille dès 1423, sous Amédée VIII de Savoie, dans un acte d’abergeage des droits de péage de pontonnage du pont de Pont-d’Ain aux bourgeois Claude Oriol et Jacquemet de Croso. En 1795, à l’âge de 18 ans, il s’engage comme volontaire dans la gendarmerie. Il est presque aussitôt porté lieutenant de gendarmerie par le choix unanime de ses compagnons d’armes et est dirigé sur Grenoble. Mais ce service ne convient pas à l’ardeur de son tempérament. Un an après, il dépose son épaulette, court à la frontière et s’engage, comme simple hussard, dans le 10ème régiment de hussards. Il assiste, en Italie, aux batailles de Montenotte, de Lodi, d’Arcole et de Rivoli. Il est fait prisonnier peu de temps après et est conduit en Hongrie. Il est compris, quelques mois plus tard, dans un échange de prisonniers. De retour en France, il rejoint son régiment avec lequel il combat glorieusement à la bataille de Marengo. La paix étant faite, il rentre dans ses foyers, couvert de blessures. C’est à cette époque, de 1801 à 1804, qu’il se livre à l’étude de la médecine à Lyon, ensuite à Paris. Il est inscrit en 1802 comme auditeur au cours de Jean-Baptiste Lamarck, membre de l’Institut. Les perpétuels orages politiques de l’époque ne permettaient guère à la jeunesse de cultiver les sciences. Louis-Marie Decroso trouve dans les connaissances médicales qu’il a acquises, un moyen efficace de servir de nouveau son pays. Il entre dans la marine comme chirurgien sous-aide. Il s’embarque sur une corvette de l’Etat qui fait voile pour l’Islande. Après une croisière de quelques mois et un retour heureux sur notre continent par les côtes de Norvège, son navire fait naufrage à l’entrée même du port de Boulogne. Des 150 hommes dont se compose l’équipage, 14 seulement réussirent à échapper à la mort. Notre chirurgien se sauve à la nage. Par un hasard providentiel, il est jeté par une lame sur la plate-forme d’un rocher, à quelques lieues de la côte. Il est vivant, mais il a la jambe et le bras droit cassés. Trois jours se passent avant que la tempête permette aux marins de venir au secours des naufragés. Cet événement détourne Louis-Marie de sa carrière de chirurgien de la marine. Il va se consacrer désormais au service actif de terre. Il entre au service de l’armée de terre comme chirurgien sous-aide major le 21 janvier 1805 au 15ème régiment d’infanterie légère. Il se trouve à Austerlitz avec les ambulances de la ligne le 2 décembre 1805. Dans les années 1806 et 1807, il prodigue ses soins empressés aux blessés qu’il secoure sur les champs de bataille d’Iéna, d’Eylau, et de Friedland. Cette belle conduite lui mérite le grade de chirurgien aide-major le 22 septembre 1808. Il est présent en 1809 à Essling et à Wagram. Il est promu chirurgien-major au corps de l’armée de l’Elbe le 18 août 1811. La même année, il reçoit une gratification de 600 francs. Il sert au 26ème régiment d’infanterie légère le 29 mars 1812. Il fait en cette qualité une partie de la campagne de Russie en 1812. Quelques jours avant la bataille de la Moskowa, son colonel reçoit une balle dans la jambe. Seul, contre l’avis de tous ses collègues, il s’oppose à l’amputation et répond de la guérison du blessé confié à ses soins. Cette guérison a lieu et prouve l’habileté de notre chirurgien qui revient en France avec son malade, échappant aux désastres de la retraite de Moscou. Présent partout où il y a un danger à courir et des services médicaux à rendre, Louis-Marie Decroso fait encore la campagne de 1813 comme chirurgien-major au 4ème régiment des gardes d’honneur. Il se signale à nouveau par son activité, son dévouement et son courage au milieu des ambulances volantes du baron Larrey à Dresde, à Leipzig, à Hanau. Il est blessé durant la campagne de France en 1814 et est nommé chevalier de la Légion d’Honneur. Il est licencié par mesure générale le 1er août 1814. Il profite de sa convalescence pour présenter le 6 septembre 1814 sa thèse ayant pour titre « Propositions sur les blessures faites par les armes à feu ». Il est à nouveau en activité en 1815 et se retrouve compris dans le licenciement général après l’abdication de l’Empereur. En 1818, il rentre, de nouveau, au service et y reste jusqu’en 1830, époque à laquelle il prend définitivement sa retraite. De retour dans la vie civile, il ne cherche plus que l’occasion de se dévouer à la science et à faire le bien. On le retrouve en 1849, à l’âge de 72 ans, consacrant ses jours et ses nuits aux victimes du choléra qui ravage Paris. Une médaille d’argent fut la récompense de son zèle. A partir de ce moment, les infirmités résultant de ses blessures et de ses campagnes le condamnent à un repos forcé. Il vécut longtemps encore et s’éteint, à 85 ans, plein de calme et cette sérénité qui caractérisent l’homme de bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Hervé Giordanengo publié dans : Gardes d'honneur
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