CUNEO d'ORNANO Joseph-François-Antoine, né le 11
décembre 1794 à Issenheim dans le Haut-Rhin, où ses parents habitaient momentanément. Elève du Lycée impérial de Marseille, il y fait de solides et brillantes études qu'il termine à seize ans.
Demeurant à Antibes en
1813, il entre au 4e régiment des Gardes d'honneur. Il y arrive porteur d'une lettre de la princesse Pauline Bonaparte, qui le recommande comme son parent.
Il rejoint le 4e régiment des gardes d’honneur avec le 1er détachement des gardes d’honneur du Var
conduit par Mr de Drée. Il sert au 2e escadron du 4e gardes d’honneur.
Il n’est garde qu'un seul jour, le 6 juin 1813 ; le lendemain 7, il est nommé brigadier, et le 15 juillet il passe Maréchal-des-Logis. Le 7 septembre, il est nommé Lieutenant. Appelé au
commandement d'un escadron, il est à la hauteur de sa tâche. Il fait les campagnes de Leipzick et de la rive gauche du Rhin, dans lesquelles il a la main droite et les pieds gelés, et enfin la
campagne de France. Il se distingue tout particulièrement sur le champ de bataillé de Château-Thierry, le 12 février 1814, et est, pour cela, décoré de la main même de l'Empereur. La chute de
l'Empire et la paix qui s'ensuivent, mettent fin à sa carrière. Le jeune officier rentre dans ses foyers. On lui propose un emploi de Garde du Corps du roi Louis XVIII, il refuse et se consacre à
l'Administration civile. Il est attaché à la Préfecture de la Corse et devint plus tard Conseiller de Préfecture. Il abandonne ses fonctions en 1820, et va rejoindre son père à Rome et l'un de ses
oncles prélat. Le Pape désirant le faire officier supérieur de son armée, il refuse l’offre pas cette honorable épée, désirant
se consacrer uniquement aux lettres et aux sciences, pour lesquelles il avait un véritable penchant. Il publie dès lors successivement plusieurs ouvrages, parmi lesquels on remarque, en statistique
: La Corse, 10 volumes, 1827 ; Napoléon au golfe Juan, 1830 ; Rome, 1840 ; Politique et Religion, 1842 ; Rome et Pie IX, 1848 ; Retour de Pie IX à Rome, 1850 ; l'Europe et Napoléon III, 1858 ; Coup
d'œil sur l'Algérie, 1863 ; trois tragédies : Aben Hamed et Zaïda, 1834 ; David dans le désert, 1836 ; Jephté, 1838 ; Eponine et Sabinus, 1829 ; diverses poésies lyriques dont Marc Aurèle aux
Romains, 1820 ; Ode à Monseigneur de Quelen à Rome, 1825 ; l'Enfant Jésus, 1825 ; la Prise d'Alger, 1830 ; Recueil pour les Polonais, 1832 ; Trois ex-voto à la Madone, 1833 ; A la France, 1835 ; le
Cimetière de campagne, 1840 ; Rome, 1843 ; la Jeune Fille mourante à sa mère, 1843 ; la Mort, 1844 ; Pie X et l'Italie, 1845 ; Hymne à l'Immaculée Conception, 1858 ; ainsi qu’un grand nombre de
discours et rapports académiques. Le marquis François Cuneo d'Ornano devient Membre de l'Académie des Arcades, en 1825 ; de l'Académie des Risvegliati d'Orvieto en 1826 ; de l'Académie Tibérine en
1848 ; de l'Académie des Quintes en 1852 ; de l'Institut Historique de France, en 1846. Ses occupations savantes ne l'éloignent pas du terrain sur lequel il devait principalement servir. Conseiller
général des Etats de l'Eglise, il est, de 1846 à 1852, mêlé aux affaires romaines. Il combat l'anarchie et travaille à la restauration de l'ordre. Cela lui vaut de voir son palais de Rome et son
domaine de San Procolo dans la Campagne romaine envahis par les révolutionnaires, mais lui permet de saluer, en 1849, le Retour de Pie IX à Rome et d'offrir les clefs de la Ville au Pontife
redevenu Monarque. La fin de sa vie est attristée par les événements romains qui seprécipitent et
dont il comprend toute l'importance.
Il reçoit la médaille de Sainte-Hélène en 1857.
Il décède en 1863, à Oran, dans l'une de ses propriétés où il était allé se reposer.