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Le 11e Régiment de Hussards
De 1ère formation
1793 – an XII
Jérôme Croyet,
docteur en histoire, archiviste adjoint aux A.D. Ain & collaborateur au magazine Napoléon 1er
Le 4 septembre 1792, un décret de la Convention crée la Légion Germanique. Un décret du 4 mai 1793, envoi des représentants du peuple à Tours, vérifier le civisme des officiers de la Légion. Le 26 juin 1793, à Amboise, ce corps, ainsi que les cavaliers jacobins levés en 1792, est versé dans le récent 24e régiment de chasseurs à cheval qui en vertu d’un nouveau décret de la Convention le 28 juillet 1793, devient le onzième régiment de hussards. Le régiment est placé sous les ordres du colonel Avice. Alors qu’il devait compter 53 officiers et 1 028 hommes répartis en 6 escadrons, il n’arrive que difficilement à aligner 47 officiers et 576 hommes. Le 11e hussards participe à la campagne de 1793 sur le Rhin avant de passer en Vendée. Sur le Rhin, il combat à Bergtheim, Ungerviller, Geisbury et Turkheim. A compter du 14 germinal an II[1], les cavaliers révolutionnaires sont versés au 11e. C’est à partir de pluviôse an III, que le dépôt du régiment, situé à Vesoul centre régional de garnison de cavalerie[2], accueille ces jeunes cavaliers volontaires des sociétés populaires[3] et certains cavaliers de la levée des 30 000 de cavalerie : "Ce 16 décembre 1793. Ma cher mère. Je m'empresse de vous donner des nouvelles de mon heureuse arrivée à Vesoul et de l'état de ma santé qui est excellente. Je suis arrivé vendredi à Vesoul, après avoir voyagé en bonne compagnie et le lendemain matin nous avons tous été cantonnés dans un village qui est proche où nous somme fort bien en attendant des chevaux. Ne vous chagrinez point, je suis bien portant et j'espère que la guerre qui va bientôt finir me laissera encore le plaisir de retourner auprès de vous. Vous me feriez grand plaisir, si cela est possible, de me faire savoir de vos nouvelles. Je fais bien mes compliments à mon frère et à ma sœur. Je prie aussi ma blonde Claudine Buffet de se souvenir toujours de moi, je l'aime toujours bien tendrement. J'espère qu'elle voudra bien me faire donner de ses nouvelles. Faites lui bien mes compliments et à tout ceux de la maison, mon cousin et ma cousine. Je suis en vous embrassant votre fils. Claude Poncet. Mon adresse est au citoyen Claude Poncet en cantonnement à Frotey par Vesoul, département de la Haute Saône"[4].
Avec ces apports, le régiment compte 1 188 hommes pour un effectif théorique de 1 705. Durant « la période d’organisation et de fonctionnement du gouvernement révolutionnaire », le régiment est passé en revue, entre le 16 août et le 21 septembre 1793. Le compte rendu est envoyé au Comité de Salut Public. Entre le 22 septembre et le 24 octobre 1793, le conseil d’administration du régiment reçoit des fonds. En juin 1794, la Commission des Armées fait un rapport sur le régiment qui est envoyé au Comité de Salut Public. En 1796 et 1797, le régiment, qui compte 4 escadrons et un état major, combat en Allemagne. Il s’illustre à la défense de Khel en 1796. Il combat à Freidberg et Mainbourg, où, le 7 septembre, le lieutenant Noël et 4 hussards font prisonniers 3 pelotons d’infanterie pendant que le lieutenant Fleury capture un canon. « En 1798 à l’armée d’Helvétie, le hussard Chartrousse, suivit de 3 hommes s’élance sur le pont de Guemins, défendu par 4 bataillons renforcés d’artillerie, et ouvre le passage à la colonne française »[5]. Il est en Italie en 1799 et 1800. Lors de cette campagne, il est à la traversée du Mincio, il combat sur la Trebbia, est à la retraite de Gênes, se trouve à Marengo et participe à la prise de Vérone en janvier 1801. En l’an VIII, le régiment reçoit trois guidons neufs, facturés 620 francs pièce, en remplacement de ceux usagés. L’année suivante, en 1801, organisée la compagnie d’élite du régiment. A la réorganisation de l'an XII, le régiment devient 29e dragons.
Le régiment adopte à partir de 1795, l’an III, la tenue à la hussarde verte foncé et gris fer. C’est ainsi que le dolman à la couleur distinctive verte, aux parements et collet rouge, porte les tresses plates et ganses carrées blanches. La hongroise en grise à galon blanc alors que la ceinture écharpe est rouge à coulants jaunes. Comme au 3e hussards, l’équipement est en cuir noir. Le gilet est écarlate. La sabretache est du modèle conforme à, l’arrêté de l’an III, galonnée de galon tricolore, laissant entendre que l’équipement et l’habillement neuf a été perçu à Vesoul. Sur l’uniforme des trompettes, la République s'empresse de supprimer les galons de livrée pour les remplacer par d'autres, le plus souvent tricolores. Mais, en 1793-1795, des régiments de formation récente comme les 9ème et 11ème Hussards introduisent la mode des trompettes habillés “ à la hongroise ”. Au 11e, ils ne portent pas les couleurs inversées. Le trompette porte un dolman rouge à tresses et ganse carrée blanche, parement et collet bleu, une pelisse rouge, la hongroise bleue et la ceinture écharpe rouge à coulants blancs.
[1] PIGEARD (Alain) : « les hussards de la Révolution » in Tradition Magazine n° 166.
[2] Il s’y trouve aussi un dépôt de dragons.
[3] Notamment ceux de la partie Bugey du département de l’Ain.
[4] Claude Poncet de Tossiat, cavalier de la levée des 30 000 de cavalerie de l'été 1793. Il part avec ses camarades de l'Ain le 2 Octobre 1793, accompagné d'un officier, pour Vezoul, garnison d'un régiment de dragons. Il écrit à sa mère, Claudine Bolet, demeurant à Tossiat. A.C. Tossiat, rév. 1.
[5] JAEGER (Gérard) : « les régiment de hussards pendant la Révolution » in Tradition Magazine n° 155.