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Groupe de reconstitution historique 4e hussards, 4e gardes d'honneur - 1791 - 1815.

Afin de rendre notre site plus lisible, nous n'avons gardé que l'iconographie en rapport avec les hussards et les gardes d'honneur. Toute l'iconographie ayant trait à des unités, régiments et ou personnages autres que les hussards et gardes d'honneur sont désormais consultables ici :
http://sehri.over-blog.fr/albums.html

Par Hervé Giordanengo, membre du Souvenir napoléonien

 

A l’embranchement de deux principales routes menant de Paris à Turin et de Lyon à Genève, traversée par l’Ain, rivière qui lui donne son nom, ainsi que le pont qui y est établi aujourd’hui, la commune de Pont-d’Ain est située à un point central du département de l’Ain. Une croisée des chemins qui forgera son histoire au cours des siècles. Cette situation stratégique fut vite comprise et au Moyen-Âge, un château y fut érigé pour assurer la surveillance de ce carrefour. Afin de franchir un obstacle naturel, la rivière d’Ain, un pont fut construit au Moyen-Âge, près du fief. Emporté à plusieurs reprises par les crues, il fut remplacé par un bac placé à la sortie de la commune, tout près de la croisée des routes principales. Il subsista jusqu’en 1831, année où il fut remplacé par un pont. Cette position stratégique eut pour conséquence, au fil des siècles, et notamment pendant les guerres de la Révolution et du Premier Empire, de voir défiler, passage obligé, les armées allant et revenant des théâtres d’opérations des Alpes, du Léman et d’Italie. Pont-d’Ain sera un des cinq lieux de gîtes principaux pour l’armée dans le département. En 1808, le Préfet de l’Ain Bossi écrit dans ses « statistiques sur le Département de l’Ain » : « le gîte de Pont-d’Ain reçoit toutes les troupes de passage du département…la commune, dont la population est de 1.124 individus, a été écrasée, pendant le grand mouvement de troupes, de logements de guerre, au point que de simples ouvriers offroient trois cents francs pour en être dispensés… ». En effet, sous le Premier Empire, Pont-d’Ain connaît d’importants passages de troupes, notamment en avril 1807, le 24ème régiment d’infanterie de ligne et en avril 1813, le 60ème régiment d’infanterie de ligne qui vient de Périgueux (Dordogne) et se dirige sur son dépôt à Genève, département français du Léman à cette époque. Situation stratégique, plaque tournante comme nous le voyons, mais qui sera convoitée et utilisée par les armées coalisées, ennemies de la France, lors des deux invasions de 1814 et 1815. Après avoir subie une première occupation par les autrichiens du comte Bubna en 1814, les plaies à peine pansées, Pont-d’Ain va à nouveau connaître la tourmente. 1er mars 1815, c’est le retour de Napoléon de l’île d’Elbe. Dans le nord, les évènements se précipitent. Les frontières sont menacées par une nouvelle coalition. Napoléon s’y porte avec 110.000 hommes au-devant des armées anglo-hollandaises et prussiennes fortes du double. C’est la campagne de Belgique qui va se terminer par la défaite de Waterloo. Pendant ce temps, 60.000 autrichiens s’apprêtent à envahir à nouveau le département de l’Ain par le Pays de Gex et la région de Seyssel à Pierre-Châtel. Les généraux Jeannet et Bouvier des Eclaz organisent la défense du département. Les autrichiens vont déboucher avec 80.000 hommes, alors que l’armée des Alpes du maréchal Suchet ne peut lui opposer guère plus de 10.000 hommes. Afin de prendre connaissance du terrain, conscient de son infériorité et de l’issue incertaine des opérations, Suchet, dès le 2 juin, avait écrit depuis Chambéry au Préfet de l’Ain pour que l’ingénieur des ponts et chaussées établisse une notice accompagnée d’un croquis sur les chemins à canon et pour piéton qui conduisent, soit de Genève, soit du département du Jura dans celui de l’Ain. Dans la même missive, il demande pour la célérité des communications, que soient établies des estafettes à cheval fournies par les villes ou villages de Bourg par Pont-d’Ain et Pierre-Châtel, vers Chambéry. Comme l’année précédente, l’objectif de autrichiens est de s’emparer de Lyon en suivant deux voies d’invasion. Le 1er corps autrichiens commandé par le baron Frimont emprunte la vallée du Rhône. Le 2ème corps commandé par le comte Bubna qui connaît bien le terrain depuis l’année précédente, pénètre par la Maurienne. Le 26 juin 1815, conscients de leur infériorité numérique et en l’absence de directives d’un souverain depuis l’abdication de l’Empereur, les français demandent un armistice. Mais les autrichiens, supérieurs en nombre, imposent des conditions humiliantes que le maréchal Suchet ne peut accepter. Les négociations rompues, le conflit reprend. Une nouvelle suspension d’armes est proposée par le maréchal Suchet qui accepte de retirer ses troupes dans les limites du traité de Paris. Acceptée par les autrichiens, elle est conclue jusqu’au 2 juillet 1815 mais cet armistice sera annulé dès le 1er, Frimont imposant à Suchet de nouvelles exigences qu’il ne peut accepter. Le 1er juillet 1815, Frimont reprend sa marche sur Lyon et les français reculent sur Châtillon-en-Michaille. Sous la pression autrichienne, les troupes françaises en Maurienne et en Tarentaise prennent la direction de Pont-d’Ain qui va devenir le nouveau point d’appui de l’armée des Alpes pour s’opposer à l’invasion. Le 2 juillet, le maréchal Suchet installe son état-major à Pont-d’Ain. Rien ne l’affirme, mais compte tenu de sa qualité, il est possible que le maréchal ait séjourné au château, les ambulances ayant pu être établies autour, dans le parc. Depuis le quartier-général de Pont-d’Ain, le même jour, Bondurand, ordonnateur en chef de l’armée des Alpes, adresse un courrier au maréchal Davout, ministre de la guerre, dans lequel il expose les conditions d’annulation de l’armistice, ainsi que le détail des mouvements de troupes et leurs positions. Le 3 juillet, le 2ème bataillon du 6ème léger, le 7ème régiment de ligne, le 10ème de chasseurs à cheval arrivent et s’installent à Pont-d’Ain. L’artillerie et les bagages (la logistique dirait- on aujourd’hui) arrivent le lendemain. Les pondinois sont réquisitionnés pour loger et nourrir l’armée française. « les services ont dû être assurés presque partout de Chambéry à Pont-d’Ain par voye de réquisitions. J’avais prévenu à cet égard Mr le Préfet du département de l’Ain et Mr le Sous-Préfet  de Belley » écrit Bondurand dans cette même lettre. Ce sont aussi les blessés qui arrivent en masse. L’armée des Alpes recule sous la pression autrichienne. Le 4 juillet, Bondurand se plaint auprès du préfet de l’Ain que rien n’avait été préparé à Nantua pour recevoir les blessés et leur donner des secours. Il demande la désignation et la préparation de gîtes d’évacuation sur toute la ligne de Nantua à Lyon. Le même jour, le Préfet de l’Ain écrit à Joseph-Marie-Auguste Decroso, maire de Pont-d’Ain « des blessés doivent être évacués de Nantua sur votre commune, préparez un local convenable pour les recevoir…faites demander des charpies et (illisible) des pansements aux citoyens les plus aisés et s’ils refusent, faites des réquisitions. Les blessés doivent être évacués de Pont-d’Ain à Montuel ; vous en préviendrez les voituriers ». Sous peine d’être pris en tenaille, le maréchal Suchet doit quitter Pont-d’Ain le vendredi 7 juillet et se replier sur Meximieux. Mais avant de quitter Pont-d’Ain, il écrit une dernière lettre au baron Baude, Préfet de l’Ain : « Monsieur le Préfet, le général en chef de l’armée autrichienne ayant reconnu, par la convention du 29 juin, que la cause de la guerre avait cessé dès l’instant où Napoléon Bonaparte avait quitté les rênes du gouvernement ; les dispositions administratives viennent encourager une nouvelle direction, et je sens le besoin de me charger de rester à votre porte pour régulariser le service des subsistances, celui des réquisitions, et soulager autant que vous le pourrez vos administrés. La France n’est plus en guerre avec les puissances coalisées et le territoire qu’occupent momentanément les troupes autrichiennes, est un dépôt qui, sans doute, ne tardera pas d’être rendu au gouvernement français. Je vous renouvelle, Monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération distinguée. Le Maréchal Duc d’Albuféra ». Continuant leur progression, les 25.000 à 30.000 autrichiens de Frimont traversent Pont-d’Ain le 9 juillet pour se diriger sur Bourg. Ils laissent toutefois une colonne de 15.000 à 20.000 hommes par échelon depuis Pont-d’Ain jusqu’à Montluel. Bien que l’autorité royale soit installée par Louis XVIII dès le 13 juillet, l’occupant demeurera encore cinq longs mois dans le département, imposant aux populations de nombreuses réquisitions. Ce n’est que vers le 19 décembre 1815, par le traité de paix avec les Nations, que les autrichiens quittent Pont-d’Ain et le département.

Je terminerais en citant un extrait d’un essai littéraire sur Pont-d’Ain écrit par Monsieur Busillet (A.D. Ain 2J40) qui à lui tout seul, résume la position stratégique et son influence militaire sur cette commune : « de notre époque, ce sont les armées de la Révolution et celles du Premier Empire avec Napoléon le Grand. Puis par contre dans l’invasion étrangère de 1815, les autrichiens et les cosaques russes. Enfin pour dernier tableau c’est encore là que passèrent allant et revenant par voie ferrée et par voie de terre la majeure partie des vainqueurs de Magenta et de Solférino avec Napoléon III ».

Voici en téléchargement gratuit le règlement de cavalerie de vendémiaire an XIII

http://dl.free.fr/oEh8yiUeE
Ce numéro du mois d'avril 2009 est consacré au 24e régiment de chasseurs à cheval :

Un conscrit du 24e régiment de chasseurs à cheval, Joseph Nicolas Alexandre Logelin.

La correspondance inédite du chasseur Pineau.

Le coin du colletionneur : coeur de poirtail du 24e chasseur trouvé à Wagram.
Rapport du Malin :

Cherasco est une superbe ville qui, de plus, est facile d'accès.
Durant le week end de la reconstitution, la ville et les civils Italiens sont tournés vers la reconstitution.
Durant le bivouac, les troupe n'ont manqué de rien : infrastructure, cadre, propreté, nourriture, quand au soleil, nous aurons du nous contenter de son passage samedi.
Les 350 reconstitueurs présents auront enchanté la ville de leur présent et leur travail comme ils l'ont été de l'accueil et des lieux.
Vivement 2010.


http://www.associationsuchet.com/album-1357462.html 

 

LA BATAILLE DES ARAPILES, CHAMP D’HONNEUR DU 101EME DE LIGNE

 

Par Hervé Giordanengo, membre du Souvenir Napoléonien, auteur de Pont D'Ain De La Revolution Au 1er Empire : Une Commune De L'Ain, De La Révolution Au Premier Empire, édition de la Catherinette, 2008

 

Deux batailles se sont déroulées sur ce site espagnol en 1812. La première, la plus connue car elle annonça le déclin de l’armée française dans la péninsule ibérique, se déroula le 22 juillet et se termina par une défaite. La seconde,  plus confidentielle et rarement citée, se déroula le
13 novembre de cette même année et se conclua par le repli des anglais qui cherchaient à échapper aux troupes de Napoléon. C’est la première bataille qui est abordée dans les lignes qui suivent.

Nous sommes le mercredi 22 juillet 1812, à une dizaine de kilomètres au sud-est de Salamanque, d’où le nom de cette ville donnée à cette bataille par les anglais. Devant nous se trouve une vaste plaine espagnole brûlée par le soleil le jour, grelottante de froid la nuit. Cette plaine est dominée par deux collines inégales : « los arapiles », séparées par un plateau. Depuis le 18 janvier et la perte de Ciudad-Rodrigo, l’armée du Portugal commandée par le maréchal Marmont, duc de Raguse, se retire en direction de Madrid devant l’avancée de l’armée anglo-hispano-portugaise commandée par le duc de Wellington. Marmont cherche à ralentir la progression de l’ennemie en le harcelant et va le rencontrer en ce lieu. Son intention est d’enlever l’arrière-garde ennemie sans en arriver à une bataille rangée.

Pour ce faire, il dispose de 49.647 hommes et 78 canons auxquels s’y ajoutent des éléments de l’artillerie, du génie, de la gendarmerie et du train des équipages. En face, quant à lui, le duc de Wellington dispose de 51.939 hommes et son artillerie.

 

La bataille

Il est treize heures. Depuis le matin, le maréchal Marmont a positionné les troupes françaises sur et autour de la plus grande des deux collines des Arapiles. La 8ème division Bonnet occupe le principal des deux mamelons constituant la colline. La 1ère division Foy est sur la droite et la 3ème division Ferey est en soutien de cette dernière. Les dragons de Boyer sont derrière en deuxième ligne. La 7ème division Thomières occupe la têtes des bois sur le flanc de la colline, face à l’ennemi, où il dispose ses 20 canons. Le reste de l’armée est positionné derrière la colline, en réserve. De son côté, Wellington porte à sa droite la division Pakenham et une brigade de cavalerie. Il fait occuper le village des Arapiles. L’infanterie espagnole de don Carlos et la brigade portugaise Bradford bouchent l’intervalle entre son centre et sa droite. Wellington a positionné une partie de la division Cole en face de Bonnet. Les petites Arapiles dont tenues par la division Leith avec à sa gauche le reste de la division Cole et la brigade portugaise de Pack. Les divisions Hope et Clinton sont en deuxième ligne, la cavalerie de Le Marchand et de Victor Alten sont en réserve.

Marmont fait entreprendre une manœuvre compliquée à l’armée française afin de contourner l’aile droite de l’ennemi dans le but de couper la retraite des Alliés sur la route de Ciudad-Rodrigo. La 5ème division du général Maucune reçoit l’ordre de se diriger par les collines vers le plateau de Miranda d’Azan et la division Thomières doit appuyer ce mouvement. La division Brennier prend position à la place de Thomières et un régiment de la division Bonnet se porte sur un mamelon intermédiaire entre le grand plateau et les petites Arapiles.

En face et du haut de leur colline, Wellington et les Alliés observent toutes ces manœuvres qui s’effectuent avec beaucoup d’irrégularités.

Vers seize heures trente, Marmont se porte lui même sur la ligne de feu pour corriger les erreurs et fait intervenir les divisions Ferey et Sarrut. Il reçoit alors un éclat d’obus qui lui fracasse le bras et lui ouvre le flanc. Il doit céder le commandement au général Bonnet. Les Alliés saisissent ce moment de flottement pour jeter le gros de leurs forces sur le centre français dégarni.

Wellington dirige la divison Pakenham, deux brigades d’artillerie et quelques escadrons de la cavalerie de d’Urban contre les français en marche sur Miranda d’Azan. Une nouvelle ligne de bataille est formée : les deux divisions Campbell et C. Alten forment la nouvelle aile gauche et font face aux Arapiles françaises, les divisions Cole et Leith sont établies à leur droite. Les divisions Clinton et Hope sont à droite sur cette nouvelle ligne et les espagnols de don Carlos forment la réserve.

Vers dix-sept heures, les anglais de Pack, Cole et Leith, soutenus par Clinton et Hope, attaquent de front les français. La division de Bonnet est rejetée et Bonnet qui venait de recevoir le commandement de l’armée est lui-même blessé. Débouchant du village des Arapiles, les anglais tombent sur la division Brennier qui est en partie détruite, puis sur celle de Thomières qui subit le même sort. Thomières perd 3.000 hommes et est tué. Maucune qui accourt en renfort a peine à se dégager et doit se replier. La cavalerie anglaise de Cotton achève la déroute française.

Avec Bonnet blessé, l’armée française reste un moment sans direction. Le général Clauzel prend alors le commandement. Il entreprend de rassembler sa gauche et son centre et la division Ferey afin de renverser la situation. Les anglais de Pakenham et d’Urban rejettent la  gauche française avec de grosses pertes. Avec les troupes en partie intactes de Sarrut, de Brennier et de Ferey, Clauzel forme alors une masse compacte, soutenue par la cavalerie, et couvre la ligne de retraite sur Alba de Tormès. La division Foy, qui forme l’aile droite et la division Maucune à sa gauche, se reforment derrière les grandes Arapiles.

Clauzel reprend alors l’offensive et un instant rétablit la situation. Ferey aborde la division Cole où ce dernier a été grièvement blessé au début de la bataille, Maucune menace le flanc et les arrières de cette même division, Brennier se jette sur Leith, et Boyer accourt avec ses dragons. Côté Alliés, Leith et Beresford sont blessés.

Mais Wellington intervient en personne avec la division Clinton. Les anglais reprennent la partie sud des grandes Arapiles après une lutte acharnée. Le général Ferey est tué, Clauzel est blessé, la cavalerie de Boyer est rompue et la division Packenham déborde la gauche française. Maucune lâche prise et abandonne les grandes Arapiles. Foy se replie et couvre la retraite de l’armée française. Maucune l’imite en prenant position avec ses 15 canons en avant des bois.

Vers dix-huit heures, ces deux divisions, appuyées par quelques escadrons, se dégagent. Clauzel sauve ce qui reste par une habile retraite. Plus tard, la nuit met fin à la poursuite.

Les Arapîles constituent un tournant décisif dans la guerre d’Espagne, la défaite entraînant l’évacuation de Madrid et de l’Andalousie.

 

Les pertes

Pertes françaises : 2.000 tués – 3.000 blessés dont Marmont, Bonnet et Clauzel – 2 Aigles prises par l’ennemie (22ème et 101ème de ligne) – 6 drapeaux (26ème, 66ème et 82ème de ligne) et 12 canons. Une nouvelle aigle sera envoyé au 22ème de ligne à son dépôt de Mayence en 1813.

Officiers supérieurs tués :

Général Desgraviers-Berthelot, commandant la 1ère division de l’armée du Portugal

Général Ferey, commandant la 3ème division de l’armée du Portugal

Général Thomières, commandant la 7ème division de l’armée du Portugal

Adjudant-commandant Clerc-Grumet Montpie dit Clerc de Montpie, employé à l’armée du Portugal (blessé mortellement)

Colonel Molard, 6ème léger (blessé mortellement)

 

Pertes anglo-hispano-portugaises : 694 tués dont le général Le Marchand, 4.270 blessés dont les généraux Cole, Leith, Beresford, Cotton et Alten.

 

Une succession de malheurs

Rien au départ ne prédisposait à ce que le sort des armes tournât à l’avantage des Alliés. L’infériorité numérique des français (2.000 hommes environ) n’était pas insurmontable. Les français l’ont prouvé à maintes fois. Leur intrépidité et leur ardeur au combat renversaient souvent des situations difficiles. Ce jour là, les combats ne devaient se limiter qu’à une simple escarmouche d’arrière-garde. Mais Marmont fit entreprendre une manœuvre difficile, qui plus est sous les yeux de l’ennemie, donc sans aucun effet de surprise. Son exécution , semble-t-il, fut laborieuse. Maucune aurait engagé le combat trop précipitamment sans en avoir reçu l’ordre. Marmont vint lui-même rectifier les erreurs et s’exposer sur la ligne de feu. Il eut la malchance d’être la cible de l’ennemie. Privé de son chef hors de combat, puis, un malheur s’ajoutant à un autre, de plusieurs de ses cadres eux aussi blessés ou tués, l’armée s’est retrouvée un long moment comme un bateau sans capitaine. Un trop long moment que mirent à profit les Alliés. Enfin, le manque de cavalerie, selon Marcel, fut préjudiciable à l’infanterie française qui manqua d’appui et de protection lors de ses manœuvres.

 

Remerciements à Miguel Angel Garcia pour ses informations de terrain

 

 

HISTORIQUE DES TAMBOURS DU 1ER REGIMENT DE GRENADIER A PIED DE LA GARDE IMPERIALE

Par Alain VONAU

Tambour-Major de la Batterie des Grognards de Haute Alsace

 

Le 18 mai 1804, le Sénat décrétait la création d’un empire et nommait Napoléon 1er Empereur des Français. Aussitôt l’Empereur restructurait avec une attention toute particulière, sa Garde Consulaire, elle-même issue de la Garde du Directoire, en Garde Impériale. Véritable redoute de granit, elle ne tombera que 11 années plus tard à Waterloo ! Deux Régiments de Grenadiers à Pied sont créés et formeront avec les Chasseurs à Pied « La Vieille Garde ». Composée d’hommes aguerris, robustes, courageux, intrépides et totalement dévoués à leur Empereur, ils formaient l’élite de la Garde Impériale et suscitaient l’admiration de toute « La Grande Armée ». Pour entrer dans les Grenadiers de la Garde, la sélection était rude :

Totaliser 5 ans d’armée, avoir essuyé le feu dans au moins deux campagnes, s’être distingué sur le plan physique et moral, mesurer au minimum 1m75, lettre de proposition signée de son colonel de régiment, contresignée par l’adjudant-général de la Garde et approuvée par l’Empereur lui-même !

Une fois entré au corps, la formation durait 6 mois pour apprendre les manœuvres et techniques propres à la Garde Impériale, doté d’un habillement plus soigné que la Ligne, le Grenadier était quasiment sûr de ne plus aller au feu, d’ailleurs ont les surnommaient : « Les Immortels » ou «  Les loin des balles ! ». Le 1er Régiment de Grenadier ( 1200 bonnets à poils )  assurait, tant en campagne qu’à Paris, la protection personnel de l’Empereur, et tous les services d’honneurs.

Il était composé de 2  bataillons de 4 compagnies chacun. A chaque compagnie était affectée deux tambours qui avaient en charge de battre les ordonnances en vigueur : l’appel, la soupe, la distribution du courrier, la générale, le salut des Aigles, la charge, l’assemblée, les cadences de marches, l’extinction des feux etc.

Rassemblés en tête de leur régiment, formant ainsi « La Tête de Colonne », ouvrant tous les défilés et grandes parades de l’Empire, ces 16 tambours étaient conduit par le tambour-major, qui de 1800 à 1814  s’appelait Jean-Nicolas SENOT, l’Empereur l’avait personnellement en très haute estime et le décora de la légion d’honneur en 1806.

Triés sur le volet, minutieusement sélectionnés, les tambours recrutés au 1er Grenadier étaient instruit par le tambour-maître. Véritables « professionnels » de l’époque ( ils ne faisaient que cela à raison de 8 heures par jour ! ) ils devinrent rapidement des virtuoses. Au quartier à Paris, ces Tambours assuraient, tout comme la Garde Républicaine d’aujourd’hui, tous les services d’honneur de l’Empire. Leurs soldes étaient plus élevées que les simples grenadiers, car ils avaient en charge l’entretien et le remplacement de leurs peaux de tambours ( en peau de veau ou d’âne ). Leur effectif ne bougeant guère, car assurés de ne plus combattre, la plupart de ces 16 tambours firent plus de 10 ans de service !

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