Groupe de reconstitution historique 4e hussards, 4e gardes d'honneur - 1791 - 1815.
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Groupe de reconstitution historique 4e hussards, 4e gardes d'honneur - 1791 - 1815.
LES
Le 9
LES CHASSEURS A CHEVAL DE LA LEGION LOMBARDE
Le 9 octobre 1796, l’administration générale de la Lombardie crée, par décret, la Légion Lombarde. Elle est composée de 6 cohortes à 6 compagnies dont une de grenadiers, une batterie d’artillerie, un bataillon de sapeurs et une compagnie de 120 chasseurs à cheval. L’habillement des chasseurs à cheval, d’après l’article X, est identique à ceux des chasseurs à cheval français mais avec des distinctives blanches (tresses plates et carrées) et rouges, collet et parements. Les chasseurs portent un dolman à trois rangées de boutons vert, une culotte hongroise verte, une ceinture écharpe rouge, un charivari gris à bandes latérales vertes, une sabretache à fonds rouge avec le faisceau de licteur entouré d’un feuillage et surmonté d’un bonnet phrygien. Ils sont coiffés d’un mirliton à flamme rouge. La compagnie est composée d’un capitaine commandant, d’un capitaine en second, d’un lieutenant, d’un sous-lieutenant, d’un maréchal des logis chef, de 4 maréchaux des logis, d’un brigadier fourrier, de 8 brigadiers, de 2 trompettes de 98 chasseurs et de 2 maréchaux ferrants. A compter du 9 juillet 1797, la compagnie de chasseurs est fondue à celle de la Légion Cispadane, suite aux ordres de Bonaparte de fonder la République Cisalpine. Devenu régiment de chasseurs à cheval de la République Cisalpine, ce dernier est renforcé par trois compagnies bresciane et vénitiennes.
par Jérôme Croyet, docteur en Histoire
Les guerres de la Révolution et de l’Empire mobilisent, dans le camp
français[1], 3 587 000 hommes[2]. Le nombre moyen de conscrits oscille, jusqu’en 1812, de 30 à 80 000 par an dans l’Empire.
Durant les guerres impériales, 1800 à 1815, le nombre de soldats décédés au combat ou des suites de leurs blessures peut être estimé à 427 000. A cela, il faut ajouter les soldats fait
prisonniers non revenus et les soldats mort de maladie qui sont estimables à environ 550 000. Ces chiffres sont à rapporter à l’évolution de la courbe démographique pour la même période : en
1813, l’Empire Français enregistre 387 000 mariages et en 1814, le nombre de naissance est proche d’un million.
Contrairement à toutes idées reçues, la première cause de mortalité dans les armées impériales n’est pas la mort au champ de bataille mais bien la fièvre et plus largement les maladies.
De même, pour les pertes dues aux batailles, il ne faut pas s’attendre à voir la majorité des décès comme le résultat direct des combats. Lors de la bataille de Waterloo, sur 300 000 combattants, le nombre de tués est de 10 813 et le nombre de blessés est de 35 295. Beaucoup de soldats sont blessés et peu tués. Parmi les blessés, beaucoup meurs du manque de soin. En effet, si par chance, le soldat peu marcher ou se traîner à l’ambulance, il a de bonnes chances de s’en tirer. S’il est touché plus gravement, il lui faut l’aide d’au moins cinq camarades pour le porter à l’ambulance. Un blessé enlève donc six soldats au combat. Face à cela Napoléon décide « que les blessés qui ne pourront se retirer d’eux mêmes resteront sur le champ de bataille. Il est défendu. . .de quitter le champ de bataille pour conduire les blessés ». Grâce à Larrey, Coste et Desgenettes, ce sont les médecins, relayés par les infirmiers et les bonnes volontés[3] qui vont aller chercher les blessés au champ d’honneur, afin de ne pas les laisser mourir. Malheureusement le temps écoulé entre la blessure et l’arrivée à l’ambulance ou l'hôpital peut être long. Ainsi, Jean Baptiste Thavier fusilier du 76e Régiment d'Infanterie de Ligne, d’Ambérieu, blessé lors de la bataille d’Ebersdorff, le 6 juillet, n’est amené à l'hôpital que le 10. Même ramené auprès d’une ambulance, le sort du blessé n’est pas encore sauf. Le chirurgien Larrey examine le nombre de blessés soignés durant la campagne d’Allemagne du 1er au 31 mai 1813. Sur les 22 084 blessés qui passent dans les ambulances, 9 703 regagnent leur régiment et sont aptes à reprendre du service, 9 851 sont placés en invalidité[4] et 2 416 meurt de leurs blessures, tel Joseph Tavernier, né à Bourg, chasseur au 3e régiment de chasseur à cheval, qui décède, le 11 août 1809, à l'hôpital Spitelberg de Vienne, des suites de l’amputation de son bras gauche.
Contrairement aux idées reçues, les coups de sabres ne sont pas d’affreuses blessures gravissimes, d’une part parce que les cavaliers français chargent en pointant leur sabre, et d’autre part parce que les anglais qui utilisaient beaucoup le coup tranchant, frappaient neuf fois sur dix du plat de la lame plutôt que du tranchant. Dans tous les cas, les coups portés par les français et les coups de tranchant des anglais, réussis, tuent et ne blessent pas.
Quant aux soldats décédés au champ de bataille, leur sort n’est pas enviable. Sitôt décédé le mort ne suscite plus d’intérêt de la part de ses anciens compagnons. En effet, l’habitude du danger fait admettre la mort comme une circonstance de la vie. Dans les armées de l’Empire, on plaint plus le frère d’arme blessé qu’on ne regrette à long terme le camarade mort. Dans l’argot de la Grande Armée, on dit alors de ce dernier qu’il « n’a plus besoin de rien» [5], qu’il «ne peut plus s’enivrer, ne fera plus crier la poule, défile la parade, est chez le père éternel »[6]. Durant la terrible campagne de Russie, un nouvel argot apparaît. Désormais le camarade mort fait l’ours, dégèle ou plus communément, casse sa pipe. Jacques Antoine, originaire de Nievroz, qui est carabinier au 17e Régiment d'Infanterie Légère, écrit au citoyen Barbier Galochet demeurant à la porte de la Bois pour remettre à Joseph Chaudy demeurant à Niévroz canton de Montluel : « je vous écris et en même temps pour vous. . .apprendre que le citoyen Roulé a été blessé le même jour, il est mort vingt jours après à Barcelone à côté de moi et j'ai des papiers à lui que je ferai passer quand j'aurai une convalescence »[7]. Sébastien Sérignat, meunier à Châtillon de Michaille, soldat au 39e Régiment d'Infanterie de Ligne, écrit à son père de Saragosse, le 24 Octobre 1809 : "Le frère de Brunet qui était chez Brissond est mort le 11 dans le mois d'Avril à Hére en Gascogne au dépôt. . .pour tant qu'à mon frère voilà plusieurs lettres que je lui écrit je ne reçoit pas de réponse ainsi je ne sais pas pour quel chose, peut être est-il malade ou mort"[8].
La bataille finie, les cadavres sont fouillés et souvent dépouillés de leurs meilleurs effets et de leurs richesses. Des primes sont données à ceux qui ramènent un fusil, un sabre un casque, une cuirasse ou un shako, en bon état au magasin militaire. Certains civils parcourent les champs de batailles à la recherche des galons et passementeries richement ornées, afin de la revendre. Dépouillés et dénudés, les cadavres sont ramassés et encordés sur de grandes charrettes. Si les morts sont généralement, enterrés ensemble, il arrive que les soldats français soient les premiers mis dans la fosse, pour ne pas choquer le patriotisme des nouvelles recrues, puis ils sont rejoints plus tard par leurs adversaires, tous réunis dans les mêmes fosses. Celles-ci sont creusées par des soldats de corvée ou des paysans requis. Il arrive qu’à la veille d’une bataille, l’on prépare des fosses pouvant contenir 60 à 1500 cadavres.
La mort des soldats de l’Empire n’est, comme nous l’avons vu, pas uniquement le fait des batailles, mais aussi de la maladie. En effet, la fièvre, mais aussi les maladies sexuellement transmissibles sont cause de la grande majorité de décès dans les troupes impériales. Il suffit de savoir pour cela, que malgré le règlement de 1791, qui octroi une toile de tente pour deux ou trois hommes, les armées impériales ne bénéficient pas de ce luxe élémentaire de protection. En effet, dans un soucis de mobilité, les soldats de l’Empire dorment le plus souvent à même le sol, qu’il pleuve ou qu’il vente, enroulés dans leur manteau. Faible protection en cas d’intempérie, « cette méthode, agréable aux beaux jours, devient vite un enfer par temps de pluie ou de neige et le réveil est particulièrement difficile : membres engourdis, riens brisés, courbatures, mâchoires resserrées »[9]. De ce fait la fièvre est la première cause de décès chez les soldats impériaux originaires de l’Ain.
Cependant certains soldats décèdent sous l’Empire de manière étrange. Parmi ces morts notons celle d’Etienne Renaud, grenadier à cheval dans la Garde Impériale, qui décède d’un coup de foudre le 26 mai 1811 à Palencia ; où Jean Baptiste Ponet d’Armix, sapeur à la 3e compagnie du 4e bataillon qui décède des suites d’un duel le 24 nivôse an 9, où encore Gabriel Racurt, de Bressolles, pionnier à la 8e compagnie, qui meurt de nostalgie le 4 mai 1812 à l'hôpital de Valenciennes, où François Richerot, né à Nantua, qui sert comme chasseur à la 1ère compagnie du 1er bataillon du 8e Régiment d'Infanterie Légère. Il déserte de son régiment. Il est rattrapé, le 18 septembre 1807 à Castel Abadessa par des hommes du 5e Régiment d'Infanterie de Ligne. Espérant fuir, il se précipite par une fenêtre pour ne pas aller en prison. Gravement blessé, il décède à l'hôpital de Spatato le 22 septembre 1807.
L’expédition de l’état civil des militaires décédés n’est mise en place efficacement qu’avec la circulaire du ministre de la Guerre du 13 mai 1812. Avant cette date, l’envoi des actes de décès ou des avis de décès des soldats n’est pas régulière et n’est pas faite uniformément. Cet expédition, faite par l’officier d’état civil du lieu de décès, (municipalité, hôpital ou régiment) ce fait dans un premier temps aux mairies ou à l’administration départementale ou préfectorale, qui fait parvenir l’avis de décès aux mairies. Un extrait similaire est envoyé au Ministre de la Guerre. L’avis de décès est toujours certifié par deux ou trois témoins mâles majeurs, et dans presque tout les cas il est certifié par l’autorité militaire compétente, officiers, inspecteurs aux revues ou commissaires des guerres.
[1] Le camps français comprend non seulement les 86 départements de la France mais aussi le 44 départements annexés durant l’Empire.
[2] Il faut compter 1 350 000 hommes pour la Révolution et 2 237 000 hommes pour l’Empire.
[3] Ainsi, les musiciens régimentaires et aussi les cantinières sont mises au travail par le service de santé pour récupérer les hommes blessés.
[4] Parmi eux 731 sont amputés.
[5] PIGEARD (Alain) : l’argot dans la Grande Armée in Tradition Magazine.
[6] PIGEARD (Alain) : l’argot dans la Grande Armée in Tradition Magazine.
[7]Archives Départementales de l'Ain, série L.
[8] A.C. Nantua, H4.
[9] PIGEARD (Alain) : Bivouacs et camps dans la Grande Armée in Tradition Magazine.
Sous Napoléon, à Noël, on se contentait d'aller à la messe de minuit qui avait lieu à l'heure dite et non pas en début de soirée. La messe de l'église Saint-Roch était à la mode au début de l'Empire.
En revanche, on faisait la fête pour le Nouvel An : des visites amicales au cours desquelles on s'offrait de petits livres ou des almanachs comme les "Etrennes impériales", sorte de gros calendrier des Postes avec la nomenclature des départements, les possessions lointaines. Sous l’Empire, le vœu de Napoléon est de rétablir les fêtes familiales, dont le 1er janvier, qui est vu comme l’institution d’une sage et profonde morale. Ainsi, dès le 11 nivôse an XIII, le maire de Meximieux arrête que la fête du nouvel an sera fêtée dans la commune. A Paris, c’est donc en famille ou entre amis, que l’on faisait une petite promenade pour parler, s'amuser et être ensemble ; on allait admirer les vitrines des marchands de bonbons de la rue des Lombards et du Palais-Royal qui, comme dans les boutiques appelées "A la renommée" ou "Au fidèle berger" étaient reconstituées des scénettes (parfois des batailles ou, en 1803, le passage du Grand Saint-Bernard) en dragées.