Association Maréchal Suchet, armée des Alpes.

Groupe de reconstitution historique 4e hussards, 4e gardes d'honneur - 1791 - 1815.
Mercredi 12 mars 2008

 

Le 27 Avril 1792, Louis XVI signe un décret de l'Assemblée du 25, qui adjoint aux états-majors des trois grandes armées une compagnie de guides jusqu’à la paix. Cette unité d'élite est chargée de protéger les états majors mais aussi d'ouvrir les routes. Constituée d'un capitaine, d'un lieutenant, d'un maréchal des logis, de 2 brigadiers et de 16 guides, les hommes qui les composent sont "nommés par le Roi, sur la présentation des généraux"[1]. Ces hommes, s’ils sont choisis parmi des “ cavaliers, hussards, dragons ou chasseurs en activité de service [2], ont le droit de garder leur rang dans leurs unités respectives. Ils sont aussi libres de rentrer dans leurs régiments ou de se retirer du corps des guides après la guerre. Malgré cela, il leur est prévu un uniforme spécifique, au choix du Pouvoir Exécutif. Dans cette mise en place des guides, l’armée du Midi est oubliée. Cela n’empêche pas le ministre de la Guerre de pourvoir à la création d’une compagnie de guides ; et le 14 Mai 1792, le patriote savoisien Caffe est nommé capitaine des Guides de l'Armée du Midi par le ministre Lajard. A cette même époque Joseph Dunoyer, de Bourg, s'engage volontairement dans les Guides d'Etat-Major. Pour palier à cette omission, Louis XVI ratifie, le 14 juin 1792, la loi portant la création officielle des guides de l’armée du Midi. Si la formation de cette unité est similaire à celle des trois autres armées, dès le 5 août, les guides de l’armée du Midi sont augmentées de 12 guides. En effet, l’étendue des frontières du Midi étant vaste, il était nécessaire d’augmenter en proportion le nombre d’hommes assujettit à la garde de l’état-major. Dès 1792, la prédominance en matière de guides est donnée à la future armée des Alpes.

A cette date, l’habit ne semble pas être encore uniforme. D’après le commandant Bucquoy et Bénigni, ces premiers guides devaient juste porter un habit à une rangée de boutons et un chapeau noir en lieu et place de leur haut d’uniforme. Quand François Guillard, né à Pont de Veyle, d’abord entré, le 12 août 1793 dans le 16e régiment de chasseurs à cheval, passe, le 20 brumaire an 2, comme maréchal des logis dans la compagnies des guides de l’armée des Côtes de Brest et de Cherbourg, créés par Hoche en l’an III. Il semble que les guides est un habit spécifique : habit à basque gris, collet, revers et parement vert et boutons blanc, pantalon à la hongroise gris (puis vert), bottes à la hongroise, chapeau noir à plumet vert.

 

Formés en juin 1792 comme guides à cheval de l'armée du Midi, les guides sont d'abord 26 en décembre 1792. Ils portent l'uniforme identique :  habit à basque gris, collet, revers et parement vert et boutons blanc, pantalon à la hongroise gris (puis vert), bottes à la hongroise, chapeau noir à plumet vert. A partir du 7 avril 1793, le général Kellermann forme provisoirement une compagnie de 30 guides à pieds. L'officier commandant les guides à cheval est le capitaine Gauthrin. A partir de janvier 1794, la compagnie des guides à pied double son effectif pour atteindre 100 hommes. Le 21 mars 1794, une seconde compagnie de guides à pied au nombre de 60 est formée dans le front sud de l'armée des Alpes. Le 1er février 1795, la compagnie des guides à cheval est réduite pour renforcer le 13e hussards. En juillet 1795, la 1ère compagnie de guides à pied compte 58 hommes, la 2e, 34 et les guides à cheval 68. En septembre 17978, lors de la dissolution de l'armée des Alpes, les guides, intégrés à ceux de l'armée d'Italie comptent 81 guides à pied et 40 guides à cheval.

Les guides à cheval portent en l'an III un dolman bleu céleste à collet et parements écarlate et tresses et galons blancs. Une hongroise bleue céleste, un gilet et une pelisse écarlate. Si les hommes de troupe portent un mirliton noir, les officier s'équipent dès octobre 1794 d'une sorte de colbak.

 

            Si ce poste, près des généraux, est une opportunité de grande carrière[3], le prestige, pour un général, de caracoler entourés d’une garde prétorienne est plus fort. Dès 1796, certains généraux créent leurs propres corps de guides, attachés à leur état-major. En 1796, Bonaparte a, à l’armée d’Italie, ses guides à pied et à cheval[4], dans lesquels sert Joseph Rolin, né à Pont de Vaux, comme maréchal des logis dans les guides à pied. L’année 1796 voit aussi l’apparition de guides hussards[5] de l’armée d’Italie[6], licencié, eux en 1797 pour laisser la place aux guides dragons de l’armée d’Italie. De son côté Augerau, général de l’armée d’Allemagne, monte son unité de Hussards guides[7] qui sont licenciés le 19 juillet 1798 et versés au 7e hussard. A l’armée du Rhin et Moselle, Moreau monte une compagnie de Guides Chasseurs est mise en place. François Ramel dit Ounonier, né à Nantua, sert comme Guide à Cheval du Général Moreau. Blessé d'un coup de sabre au visage qui lui coupe le nez, la pommette et l’œil droit en deux, il reçoit un certificat d'invalidité le 2 Messidor an 7[8].

En 1799, alors que Masséna crée ses guides[9] et qu’un corps de guides de l’armée d’Helvétie se met en place, Barthélemy Prat, né à Pont de Veyle, guide à l’armée du Danube,  décède de ses blessures le 25 brumaire an 8 à l’hôpital de Zurich.

Le 12 mars 1800, une réforme générale supprime les cinq compagnies de guides à cheval pour les remplacer par des dragons. Toutefois, 1er Consul oblige, les guides de Bonaparte deviennent Garde Consulaire.



[1] Loi relative à la formation des compagnies de guides pour chacune des trois armées. A.D.A.1L70.

[2] Loi relative à la formation des compagnies de guides pour chacune des trois armées. A.D.A.1L70.

[3]Le corps des guides, formé des guides de l'Armée du Midi et d'Italie, au retour de Bonaparte d'Egypte, devient le prestigieux régiment de Chasseurs à Cheval de la Garde. Parmi eux, Bessières, capitaine des Guides qui devint Maréchal ; Jean-Baptiste Barbanègre, lieutenant aux Guides qui devint colonel du 9e hussards ; Dahlmann, guide, qui devint général de Brigade et baron d'Empire ; Hercule, maréchal des logis des Guides, devint Chef d'escadron des Chasseurs à cheval de la Garde ; Guérin, guide, devint lieutenant ; Desmichels, guide, qui finit maréchal de camp et chevalier d'Empire ; Daumesnil, brigadier aux guides, devint Gouverneur de Vincennes, etc, etc, etc. . .

[4] Ces guides deviendront les cadres de la garde consulaire puis impériale.

[5] S’agit-il des  vingt cinq hommes, les mieux montés, du 13e hussards qui passent dans les Guides de l'Armée des Alpes, suite à la dissolution du régiment le 29 floréal an IV ?

[6] Dolman, à trois rangées de boutons rouge, tresses blanches, ceinture écharpe noire à coulants jaunes, culotte hongroise rouge et pelisse bleu marine à tresses blanches.

[7] Dolman vert, à parements rouges, tresse à cinq rangées de boutons blanches, ceinture écharpe rouge à coulants blancs, culotte hongroise rouge et pelisse jaune à tresse blanches.

[8] Sa blessure ne l’empêche pas de se marier vers 1802 avec Jeanne Marie Griot. Le couple déménage et François Ramel devient receveur à cheval des Droits réunis à Nevers. En 1810, sa femme devient l'héritière de la dotation de 500 francs de Claude Michel Griot, son oncle, décédé de ses blessures à Wagram.

[9] Ce corps est supprimé en 1800.

par Jérôme Croyet publié dans : Les héros de la Révolution
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Samedi 23 février 2008

Voici enfin la Bd de Philippe Eudeline, membre de l'association Suchet, pour les dessins, scénario de Dimitri (le goulag entre autre) et une préface de l'ami Thierry Vette, aussi membre de l'association. 
Bravo Messieurs.

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par Association Suchet, armée des Alpes publié dans : Boutique - la Feuille de Route
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Jeudi 21 février 2008

A la fin du XVIIIe siècle, même si le Français est la langue usitée majoritairement depuis le XVIe siècle par la noblesse et la basoche de l’Ain, la culture et le langage traditionnel de nos régions, d'origine franco-provençal, restent ancrés dans les mœurs. Beaucoup de ruraux s'expriment encore en patois, langage riche en notions concrètes mais pauvres en termes abstraits. Ce parlé d'origine franco-provençal n'est pas homogène, il varie dans chaque paroisse voir même dans chaque communauté. Toutefois, il existe un ensemble linguistique autour des patois de Revonnas, Chevillard, Montgriffon, Thézilieu et Chézery. Ce n'est que le 26 ventôse an II, après que le directoire du département de l'Ain ait enregistré le décret du 30 pluviôse, additive à celle du 8 portant que le français est la langue obligatoirement apprise en France, que l'Ain l'adopte définitivement. Cette adoption du français est renforcée par la loi du 2 thermidor an II qui stipule que nul acte public fait en France ne pourra être écrit qu’en français.

En cette fin de XVIIIe siècle, le système éducatif n'est pas absent du paysage culturel des pays de l'Ain. En Bresse, comme dans le Valromey, il est à deux niveaux, d'abord une instruction essentiellement religieuse, dispensée par le curé puis une instruction dispensée par un maître d'école financé par la communauté villageoise. Outre l'aspect éducatif, l'influence exercée par ces recteurs d'écoles communales sur la population est assez grande surtout en Dombes, à l'exemple d'Anton Chalier, recteur de l’école de Villars les Dombes en 1784, qui fait voler un ballon durant 16 minutes sous les yeux de toute la population. La Révolution concrétise l’instruction publique, le 27 octobre 1795, en organisant définitivement les écoles primaires. Dans l’Ain, c’est le représentant Dupuis, le 20 prairial an III, qui s’en charge. On y apprend la lecture, le calcul, l’écriture et quelques éléments de morale. Avec la création de l’école centrale puis du lycée de Bourg le 1er mai 1802, le département est doté d’outils pédagogiques. Les professeurs sélectionnés sont d’éminents spécialistes et érudits, alors que écoles primaires sont confiés à des instituteurs et des institutrices contractuels. La création de l’école d’accouchement, sous l’Empire, contribue grandement à l’instruction publique que le sous préfet de Belley juge « avantageuse » le 20 juillet 1813.

par Jérôme Croyet publié dans : Vie sociale sous la Révolution et l'Empire
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