Sur les traces du 4e de hussards, 1804 à 1815
par Diégo Mané, Lyon, planete-napoleon.com
Un 4e part, un 4e arrive
Formé en 1743 sous le nom de "Chasseurs de Fischer" (qui traquèrent le célèbre Mandrin). Devenu "Dragons-Chasseurs de Conflans" en 1761, puis "Conflans-Hussards" en 1776 et "Saxe-Hussards" le 1er mars 1789. Renommé "4e régiment de hussards" le 1er janvier 1791, le régiment passe à l'ennemi le 4 mai 1792. Il est reconstitué le 4 juin 1793 avec le 5e de hussards, qui prend le numéro 4. Ce dernier est créé le 31 juillet 1783 pour le duc de Chartres avec un escadron de chacun des régiments de hussards, Bercheny, Chamborant, Conflans et Esterhazy. Le 30 Mai 1788, il est renforcé par un contingent de soldats pris dans les régiments de cavalerie de Quercy, Septemanie, Nassau, La Maerck, Franche-Comté et des Evéchés. Le 4e est licencié en 1815, puis reformé en 1825 avec le "Régiment des Hussards du Nord" qui avait été formé en 1815. Les inscriptions sur l'étendard du régiment en 1812 sont : Austerlitz, Jena, Friedland.
Le régiment la Grande Armée de 1805 à 1807.
Au 30 septembre 1805, il au 1er corps d’armée de Bernadotte, division de Cavalerie Kellermann, 2e brigade avec le 5e de Chasseurs à Cheval. Le 4e de Hussards est sous les ordres du colonel Burthe et aligne 444 hommes en 3 escadrons. Au 9 novembre 1805, il est à la 2e brigade, à l'avant-garde du 1er corps d’armée sous Kellermann. Le régiment aligne alors 501 hommes en 3 escadrons. Le 2 décembre 1805, il est à Austerlitz, dans la division Kellermann, reconstituée, rattachée à la Réserve de cavalerie de Murat. Le 4e de Hussards aligne 280 hommes en 3 escadrons. "Le 4e régiment de hussards se distingua, le 2 décembre 1805, dans les charges qui achevèrent la défaite de l'infanterie russe à Austerlitz. Il recueillit de nombreux trophées de cette victoire, prisonniers, canons et 2 drapeaux." 63 hommes, dont 6 officiers, seront tués ou blessés. Le 1er octobre 1806, pour la campagne d'Iéna, le 4e de hussards forme avec le 2e de l'arme et le 5e de Chasseurs la division Tilly qui compose la cavalerie du 1er corps d’armée. Il aligne 567 hommes en 3 escadrons. Le 25 décembre de la même année, il passe au 2e corps de réserve de cavalerie commandé par Bessières, avec la division Tilly, pour la campagne d'hiver. Le 4e a 313 hommes en 3 escadrons. Le 25 janvier 1807 le régiment est présent à la bataille de Mohrungen. Le 1er avril 1807, il est au 1er corps d’armée, désormais commandé par Beaumont, où il aligne 446 hommes en 3 escadrons qui tombent à 418 hommes présents, au 30 mai. Le 14 juin 1807, le régiment est à Friedland. La cavalerie de Beaumont est rattachée à la gauche et combat sous les ordres supérieurs de Grouchy, perdant 13 hommes.
A partir de 1808 le 4e hussards passe en Espagne. Il y restera jusqu'en 1813. Il a la chance de faire cette campagne difficile, où tant d'autres unités ont perdu leur réputation, sous les ordres de Suchet, qui sortira grandi de l'épreuve et même y gagnera son bâton de maréchal, seul exemple du genre en Espagne[1] ! Dirigé sur l’Espagne, il quitte Mayence, le 1er septembre. De passage à Paris, le 27 septembre 1808, il reçoit deux couronnes d'or de la ville de Paris et part pour l'armée d'Espagne. Il arrive à Bayonne, qu’il quitte le 30 octobre avec 812 hommes répartis en trois escadrons, pour franchir la frontière. Au 15 mai 1809 le régiment est au 3e corps d’armée. Avec le 13e de cuirassiers et une compagnie de lanciers de la Vistule, il compose la cavalerie sous les ordre du général Wathier. Il aligne alors 326 hommes en 3 escadrons. Sous le chef d'escadron Devallant, il participe à l'échec d'Alcañiz le 23 mai, mais aussi à la revanche de Maria le 15 juin suivant, où 3 officiers seront blessés. Au 15 avril 1810 le 4e compte 649 hommes en 4 escadrons. Le 23 à Margaleff, 328 hommes sont présents. C'est une charge "tout droit" du régiment qui décide de la défaite et de la déroute complète de l'avant-garde de l'armée espagnole d'O'Donnel qui tentait de dégager Lérida... qui capitulera : "Aux premiers coups de fusil le général Harispe monte à cheval avec le 4e de hussards, se porte au-devant de l'ennemi, suivi des compagnies de voltigeurs du 115e et du 117e, et reconnaît qu'il n'a affaire qu'à une avant-garde. Quelquefois les moments décisifs à la guerre ne se font pas long-temps attendre. Une charge impétueuse des hussards[2] sur cette tête de colonne ne lui laisse pas le temps de se former ni de se reconnaître. Obligée de s'arrêter et de reculer, elle perd la moitié de son monde, sabrée ou prise ; et l'armée de secours, arrivée en vue de la place, s'en trouve déjà séparée"[3]. Le 15 août 1810 la cavalerie est sous les ordres du général Boussart. Le 4e aligne 1 027 hommes et 933 chevaux en 4 escadrons un an plus tard, il reste 960 hommes. Deux escadrons du régiment, sous le colonel Christophe, participent à la bataille de Sagunto, le 25 octobre 1811, victoire déterminante pour la prise de Valencia. Le 1er mai 1812, le 4e, qui aligne 900 hommes en 4 escadrons, est brigadé avec le 24e de dragons, sous les ordres du général Delort. Le 13 avril 1813, 429 hommes du régiment, formant deux escadrons, participent à la bataille de Castalla contre les Anglo-Alliés. 588 hommes en 4 escadrons comptent encore à l'armée en novembre 1813. Au total 29 officiers seront tués ou blessés en Espagne, la plupart lors d'obscurs accrochages contre des guérillas. Le régiment aura donc assez peu souffert, comparé à d'autres, de ces six années passées dans la péninsule alors qu’en 1813, une partie du régiment passe au 3e corps de cavalerie de la Grande Armée et combat à Gross-Beeren et Leipzig.
En 1814, rappelé en France pour la lutte suprême, le 4e de hussards entre dans la composition de l'Armée de Lyon. Il compte début mars 646 hommes sous le colonel Christophe. Il est en brigade sous le général Guillemet avec le 12e de hussards du colonel de Colbert. Le 13e de cuirassiers du colonel Bigarré complète la cavalerie que commande le général Digeon. Hélas, Augereau qui commande en chef ne vaut pas Suchet. Alors qu'en suivant les ordres de l'Empereur il pouvait sauver la France, il ne saura pas même préserver Lyon de l'occupation autrichienne. Malgré tout les soldats de Catalogne ont fait leur devoir et, parmi eux, le 4e de hussards a soutenu sa réputation, perdant 5 officiers durant cette courte campagne. Face à la menace d’une invasion autrichienne par la Suisse et le nord du département de l’Ain, 65 Gardes d'honneur du 10e escadron du 4e régiment et hussards du 4e sont détachés à Bourg le 8 janvier 1814 où ils combattent jusqu’au 11[4]. Le 11 mars un escadron de 162 hommes, attaché au 12e de hussards, participe à l'échec de Musnier à Charnay. Le 18 mars le 4e détruit à demi la brigade Hessoise Gall, expulsée de Saint-Georges par l'infanterie française de Gudin à qui ces ex-alliés tentaient de couper la retraite sur Arnas. Le 20 mars, lors de la phase finale de la bataille de Limonest, le régiment soutient l'assaut de la division Musnier contre Rochecardons tenu par les autrichiens de Mumb.
Regroupé à Vienne, le 4e reçoit un aigle et un étendard modèle 1815, après avoir brûlé son étendard blanc de régiment royal fraîchement béni sur le parvis de l'église de Vienne à l'annonce du retour de Napoléon, puis rejoint la Grande Armée. Il est affecté à l'armée du Nord et participe à la campagne de Belgique avec 375 hommes en 4 escadrons, sous le colonel Blot. Il fait partie de la brigade du Général de Saint-Laurent avec le 1er de hussards du colonel Clary, à la division Pierre Soult, du 1er corps de cavalerie sous Pajol. Il est engagé à Ligny le 16 juin 1815, où il perd 9 officiers et près du tiers de son effectif. Comptant à l'aile droite sous Grouchy, il ne verra pas Waterloo, ce qui permet de relever cette originalité : présent à Austerlitz, première et plus célèbre victoire de l'Empereur, et à Friedland, la plus éclatante, le régiment livrera son ultime combat de l'Empire à Ligny, la dernière victoire de Napoléon !
[1] Il ne cesse « de se distinguer durant toute la guerre tant dans cette province qu’à Valence et en Catalogne ». SARRAMON (Jean) : « Les hussards dans les péninsule ibérique (1808-1814) » in Vivat hussar n°26, Tarbes, 1991.
[2] Le colonel Burthe conduisit la charge avec tant d'intrépidité, que dans un
instant l'ennemi fut culbuté, et pour la plus grande partie obligé de mettre bas
les armes. (Rapport officiel du 26 avril 1810.)
[3] Extraits des Mémoires du maréchal Suchet, pages 120 et 121
[4] « Le 4e régiment de hussards » in la Feuille de Route n°2.
Les Hussards de Damas
par
Jérôme CROYET,
Docteur en Histoire, archiviste adjoint aux A.D. Ain
Dès 1790, Mirabeau-Tonneau, frère de Mirabeau, réuni à Chambéry 400 volontaires et des déserteurs, sur l’ordre du comte d’Artois. Si la noblesse de Bresse se range facilement des évènements à venir en laissant un peu de ses prérogatives, la noblesse bugiste, généralement moins aisée, demeurant sur place et beaucoup plus rurale, ne prend pas les mêmes positions et offre dès 1791 plus de candidats aux recruteurs de l'armée de Condé[1] que dans la Bresse. Ces corps militaires émigrés, au service des frères de Louis XVI, comptent, en 1791, 20 à 22 000 émigrés. Incapables de financer ses troupes contre-révolutionnaires, l’armée des Princes passe à la solde des princes étrangers. "Impatients de déchirer leur patrie et de massacrer leurs concitoyens affranchis", ces troupes combattent honorablement la République victorieuse pour « la défense de la religion et du trône »[2]. Cette armée est composée des corps de Broglie[3], de Bourbon-Enghein[4] et de Condé. A partir de 1793, ces dernières passent sous le financement Autrichiens. Les troupes commandées par Condé ne représentèrent qu’au plus 6 486 hommes en 1794, soit une brigade de cavalerie et deux bataillons d’infanterie. Si les troupes de Broglie et d’Enghein ne se montrèrent pas de redoutables adversaires face aux demi-brigades françaises, les hommes de Condé, « par l’acharnement qu’elle montra dans les batailles, attira sur elle toute la honte du forfait commun »[5].
Parmi ces troupes levées figurent des régiments de cavalerie, tant dragons, que hussards ou chasseurs. C'est à ces régiments que nous allons nous intéresser et plus particulièrement aux Hussards de Damas.
Le régiment des hussards de Damas est organisé le 28 avril 1796, date de la revue d'inspection du Vicomte de Chambrun. Il est la propriété d'Etienne de Damas et comporte une compagnie noble et plusieurs compagnies soldées. Le régiment est alors sous financement Anglais, avec tout le corps de Condé depuis le 15 mai 1795. L'uniforme reste toutefois proche de celui de la cavalerie légère autrichienne : shako noir sans visière à cocarde blanche retenu par un cordon raquette de fil moitié blanc et noir, dolman bleu ciel à trois rangées de boutons blancs, tresse carrée moitié fils blancs, moitié fils noirs avec collet et parements en pointe noirs. La culotte hongroise en bleu ciel et le dolman marron. Le sabre est sans doute le modèle 1796 commun aux anglais et aux autrichiens. C'est sous cet uniforme que le régiment combat les troupes françaises lors de la campagne de 1796 sur le Rhin. Lors de la trêve hivernale, c'est au tour du comte d'Ecquivilly d'inspecter le régiment, le 12 décembre 1796. L'administration régimentaire en profite pour établir un tableau des pertes et des gains en hommes, depuis le 1er mars au 31 décembre 1796.
Dès les beaux jours revenus, le régiment repart en campagne. En juin 1797, il capture deux chevaux, en août 4, en septembre 5 et en octobre 14. Ces derniers sont rachetés par le propriétaire du régiment pour la remonte. Malgré ces quelques prises, les pertes nombreuses ne sont pas compensées par les renforts. Pour 133 hommes perdus, le régiment ne recrute que 57 cavaliers. Même la compagnie noble n'est pas épargnée, elle perd 26 hommes pour n'en recevoir que 9. Ces pertes sont diverses, décès (19), prisonniers (28), pendu (un), congédiés (31), passé à un autre corps (un) mais surtout la désertion qui emporte 74 hussards.
Le 18 juillet 1797, de Psutendorf, le comte de Fargues, colonel commandant le régiment, dresse un rapport d'effectif du régiment, qui fait toujours parti de l'armée de Condé. Le régiment compte 406 hommes sous les armes sur un effectif complet de 415 : un sous brigadier et un hussard sont manquant, tandis que 3 hussards sont à l'hôpital et 4 en permission. Le régiment compte 450 chevaux. Dans ce rapport ne sont pas compris 2 charretiers, un conducteur, 2 valets et 3 vivandières. Si ces chiffres semblent donner une bonne image du régiment, il est à noter que ce dernier ne compte que 282 hussards pour 81 sous officiers et 29 officiers. Si les hussards ne disposent que de 194 chevaux, les officiers eux en disposent de 102. Il est toutefois à noter à la décharge de "l'esprit démocratique" du régiment que 58 chevaux sont en remontes et n'ont pas encore été répartis dans les compagnies. Alors que la République victorieuse à Rivoli, entre en pour parlés avec l'Empereur d'Autriche le 18 avril, le 6 août 1797, à Uberlingen, le maréchal de camp de Fargues propriétaire de la 4e compagnie du régiment dépense 5867 florins et 18 kreutzer pour l'habillement et la monte de sa compagnie. Il achète 122 pelisses, 122 dolmans, 122 ceintures, 122 culottes, 122 sabretaches et 122 garnitures de shakos. Une pelisse coûte 13 florins 30. Un dolman est à 10 florins 36, une ceinture à 3 florins, une hongroise à 5 florins 30, une sabretache à 2 florins 18 et une garniture de shako à 38 kreutzer. C'est habillé de neuf que les hussards de Damas vont passer en Angleterre et parcourir les salons anglais jusqu'en 1814, où l'armée de Condé reviendra en France dans les bagages alliées.
[1] Dès 1791, les nobles bugistes Louis Alphonse de Forcrand, Joseph Auguste de Reydellet, Louis Anthelme d'Apvrieulx et Antoine François Trocu de la Croze passent en Savoie rejoindrent l'armée de Mirabeau.
[2] COURCELLE Patrice in Les chevaliers de la couronne de 1791 à 1796 in Tradition Magazine.
[3] Urbain Gohier estime à dix à douze mille hommes le corps de Broglie.
[4] Urbain Gohier estime à quatre à cinq mille hommes le corps d’Enghien.
[5] GOHIER Urbain : L’armée de Condé, Paris, Stock éditeur, 1898.
LE 9e HUSSARDS BIS
Par Jérôme Croyet
Docteur en histoire, archiviste adjoint aux A.D. Ain
Les 3 escadrons du 9e hussards laissés en Espagne, 2e, 3e et 4e, forment le 9e régiment de hussards bis, de janvier 1812 à février 1813, date où il prend le 12e numéro de larme des hussards. Sa tenue ne diffère pas de celle de son régiment dorigine, les ressources matérielles de lEspagne et la campagne ne permettant pas un tel effort. Cette formation nest pas un essai ; en décembre 1807, deux régiments de hussards provisoire sont créés en vue de la campagne dEspagne. Le 1er, fort de 10 officiers et 358 hommes, est formé à partir des dépôts des 2e, 3e, 4e et 5e hussards. Le seconds, avec ses 1 officiers et 371 est tiré des dépôts des 7e, 8e et 9e hussards.
Par Robert Alazet,
Collaborateur de Tradition Magazine et Uniformes
En mars 1793, la Vendée se soulève. La Convention décidée à mâter linsurrection envoie, en Vendée, larmée des Côtes de la Rochelle (80000 hommes), renforcée par 30000 hommes des armées du nord (Wesrtermann) et du Rhin. Deux jeunes régiments de hussards servent sous les ordres du général de division Chalbos. Un élément du 9° et le 8° qui se trouvent, divisés par escadron, dans les principaux combats avec lArmée Vendéenne, principalement celle du centre. Le régiment se distingue, le 3 juillet au combat de Châtillon,. le 15 juillet, à Martigné-Briant, par une chaleur torride sous les ordres du général Salomon, Le 5 août, à Doué.
Mademoiselle Regrenil, volontaire dans lArmée Royale, participe à ces combats. Ayant tué un hussard du 8°, elle sempare de sa monture et de son équipement : chabraque, selle et porte-manteau mais aussi : sabre, sabretache, pistolet et mousqueton.
Appelée "la hussarde", elle se bat avec la cavalerie blanche commandée par le Prince de Talmont. Elle participe à la Virée de galerne en octobre-décembre 93..
Ayant échappé au massacre de Savenay, elle rejoint sa demeure familiale de la Tranchère. LEmpereur de passage dans sa région en 1808, apprenant ses exploits, la félicite et lembrasse. A ce moment, un homme savance ."Sire, je suis son frère, maire de Sainte Florence."." Que faisiez vous, monsieur, pendant que votre sur se battait ?"." Sire, jétais neutre" " Neutre, alors vous nétiez quun Jean-Foutre" sexclama lEmpereur.