Association Maréchal Suchet, armée des Alpes.

Groupe de reconstitution historique 4e hussards, 4e gardes d'honneur - 1791 - 1815.
Lundi 18 juillet 2005

La musique militaire sous l'Empire

 

Par Thierry Vette,

 

Uniformologue

 


Il est important de différencier la musique régimentaire,  des tambours ou trompettes qui sont des soldats (militaire).

 

Les musiques régimentaires étaient composaient d'hommes employés (rémunérés) par le conseil d'administration des régiments, ainsi plus le régiment avait ses caisses pleines, plus il avait une belle musique (entendez : nombreuse et luxueusement habillée). Ces hommes étaient appelés "gagistes" et touchaient la même solde qu'un soldat; ils ne devaient, théoriquement, pas excédés le nombre de 8, mais cela était rarement les cas. Lors des revues ou des entrées dans les villes, notamment les capitales étrangères, ils étaient placés en tête des régiments mais aux combats, ils étaient placés en retrait.

 

Les tambours et trompettes ne sont pas considérés comme musiciens, ce sont des soldats à part entière. Dans l'infanterie chaque compagnie doit avoir deux tambours, deux trompettes pour la cavalerie. Ils ont pour rôle essentiel de transmettre les ordres et commandements sur le champ de bataille (la charge, la diane, la victoire est à nous...entre autre). Pour être plus visible des officiers ils ont généralement une tenue inversée (la couleur distinctive devient celle du fond de l'habit et réciproquement). L'emplacement des tambours et trompettes dans les régiments sont réglés par les ordonnances en vigueur, c'est à dire du " 1°août 1791"pour l'infanterie et de "vendémiaire" An XIII pour la cavalerie. En 1812, une rupture se joue dans l'uniforme des tambours et trompettes : depuis la révolution, l'armée avait tentée de faire disparaître les galons de livrée, mais l'Empereur va décidé en 1812 de régulariser une tenue avec une couleur unique (vert foncé) et un galon représentant une aigle et un "N". Les habit de ce type sont rarissimes, la tenue d'un trompette déserteur du 4° chevau-léger, retrouvée dans le plancher d'une auberge allemande nous présente la simplicité de ce modèle issu de la circulaire du 30 décembre 1811.

 

La Garde Impériale a quant à elle toujours eu un régime particulier, depuis la Garde du Directoire, Garde des Consuls puis enfin Impériale. Elle était en effet pourvue d'une quarantaine des meilleurs instrumentistes, habillés des plus beaux draps et des plus rutilantes dorures. Comme on le disait à l'époque de manière humoristique : "il vaut mieux faire prisonnier un tambour major, qu'un officier" richesse de l'uniforme oblige. Des partitions dédiées à la Garde et à un événement très particulier ont survécu et sont aujourd'hui reproduit par de très habiles groupes de reconstitutions (Branle bas des marins de la Garde, la marche des bonnets à poil, la marche des grenadiers à cheval, la marche de la Garde à Leipzig, la marche de la garde à Waterloo...).Certains de ces morceaux étaient
l'œuvre de compositeurs très en vue à l'époque tels que Gebauer, Buhl ou
le turinois Cherubini.

par Thierry Vette publié dans : les centaures de l'Empire
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 30 juin 2005

LE 67e DE LIGNE A TRAFALGAR

Par Jérôme Croyet

Docteur en histoire, archiviste adjoint aux A.D. de l’Ain

(extrait du ditionnaire des soldats de la Révolution et de l'Empire de l'Ain, M&G éditions, 2005)

 

Louis Jérôme Ducret est né le dimanche 28 février 1773 à Lancrans dans l’Ain. Volontaire au 7e bataillon de l’Ain. Sergent-major à la 67e demi-brigade d’infanterie de ligne en 1800, il repousse des grenadiers hongrois, le 3 mai, à l’aide de 17 hommes, qui voulaient prendre le drapeau de son régiment. Sous-lieutenant en 1801. Lieutenant en 1802. Il est blessé à bord de l’Atlas, le 3  thermidor an XIII. Le 21 octobre, il est à Trafalgar à bord de l’Achille. Blessé 13 fois, il préfère se jeter dans les flots que d’être pris par les anglais. Il est néanmoins secouru par un vaisseau anglais après une heure et demi de naufrage. Chevalier de la Légion d'Honneur en 1809. Capitaine au 67e Régiment d'Infanterie de Ligne jusqu’en 1811. Chef de bataillon au 3e Régiment d'Infanterie Légère, il est blessé à la bataille de Leipzig en 1813 où il est fait prisonnier. Demeurant à Châtillon de Michaille en 1816. Il organise la Garde Nationale en 1830. Membre du conseil municipal, adjoint au maire et suppléant du juge de paix du canton. Il décède à Châtillon de Michaille le 8 avril 1838.

 

Michel Jacquemet est né le 21 septembre 1771 à Collonges dans l’Ain. Capitaine au 7e bataillon de l’Ain le 5 août 1792. Il passe au 21e bataillon de volontaires nationaux des réserves le 21 septembre 1792. Combat à l'armée du Nord. Il est blessé d’un coup de feu le 25 juin 1793 à la bataille de Pont-à-Marq. Rejoint l'armée de Sambre et Meuse. Amalgamé à la 67e demi brigade d'infanterie le 5 mai 1796. Fait prisonnier, seul, deux grenadiers hongrois le 17 août 1796 dans les bois de Salzbach. Blessé d'un coup de feu à l'épaule gauche à Ostrach le 21 mars 1799, il reste à son poste et est blessé une seconde fois d'une balle qui lui fracasse le  bras gauche. Chef de bataillon au 67e demi-brigade d'Infanterie de Ligne, le 19 août 1802. Chevalier de la Légion d'Honneur le 25 prairial an XII. Il embarque à bord du Formidable puis passe à bord de l’Aigle, le 20 octobre 1805, avec le second bataillon du 67e Régiment d'Infanterie de Ligne, quand la flotte franco-espagnole quitte le port de Cadix. Les hommes sont en grande tenue, Jacquemet se tient sur la dunette aux côtés du capitaine de vaisseau Gourrège. Le 21 à 12 heures, la flotte franco-espagnole rencontre l’escadre anglaise de l’Amiral Nelson au cap Trafalgar.  Après avoir anéanti la division d’arrière Garde de l’amiral Alava, la colonne de l’anglais Collinwood s’attaque à l’escadre de réserve. Passant auprès de l’Aigle, un navire anglais lâche une bordée qui abat le mât de misaine, met hors de combat une cinquantaine d’homme et coupe la drisse du pavillon tricolore qui tombe à l’eau. Le vaisseau amiral espagnol, le Prince des Asturies, dans la fumé ne voyant aucun pavillon sur l’Aigle, le prend pour cible finissant de le démâter et tuant le commandant Gourrège et le second. Jacquemet est blessé ainsi que son adjudant major Carly, qui pour prévenir l’espagnol monte sur le bastingage en agitant l’aigle du 67e Régiment d'Infanterie de Ligne. Si le Prince des Asturies rompt le combat, il est vite remplacé par le Défiance, un bateau anglais qui essaye de prendre l’Aigle à l’abordage. Jacquemet, seul officier supérieur à bord prend le commandement du navire et repousse l’assaut anglais, mettant une soixantaine de sujets de sa majesté à la mer. Un seconde navire britannique apparaît et prend l’Aigle pour cible, blessant et tuant presque tout les hommes à bord. Blessé une seconde fois Jacquemet doit se rendre. Ne désirant pas livrer l’aigle du 67e aux anglais, il le démonte, s’enroule autour de la taille le drapeau et confie l’aigle au sergent major Bleuzin, avec ordre de la cacher au fond de son havresac. Capturé, il est échangé un mois plus tard et remet l’aigle et son drapeau au régiment. Il fait la campagne de 1806 en Prusse, 1807 en Plogne et 1809 en Autriche. Il se couvre de gloire à Essling, où il reçoit un coup de feu à la poitrine, en soutenant avec son bataillon le feu des autrichiens au village de Gross-Aspern, le 22 mai 1809. A Wagram, le 6 juillet 1809, il reprend le village d’Anderklaa à l’ennemi. Obligé de se replier, il prend le commandement du 67e Régiment d'Infanterie de Ligne après que le colonel soit blessé. Durant l’action, il est blessé à son tour. Il est en Espagne, en 1810, où sa brillante conduite lui vaut la nomination de major au 52e Régiment d'Infanterie de Ligne, le 27 avril 1811. Lors de son départ les officiers du 67e lui offre une épée d’honneur. Refusant une place dans le dépôt du régiment à Gênes, il est chargé par Mac Donald de former deux bataillons d’élite de grenadiers et de voltigeurs à emmener en Espagne. Là encore il se signale plusieurs fois par des actions d’éclats. Il se distingue dans la lutte contre les partisans espagnols du général Mina, le battant à Trafalla le 11 octobre 1812 puis à Maniera, le 15, où il reçoit une blessure à la jambe droite. Blessé d'un coup de feu dans les reins à l'affaire de Noain, le 30 novembre de la même année. Blessé à la jambe gauche, le 13 mai 1813, à l’attaque de la montagne du Roncal. Nommé colonel du 40e Régiment d'Infanterie de Ligne le 2 juillet 1813. Il est à l’armée des Pyrénées, jusqu’en 1814. Chevalier de Saint-Louis le 5 octobre 1814. Remplacé au commandement du 38e Régiment d'Infanterie de Ligne le 18 novembre 1814. Officier de la Légion d'Honneur le 17 mars 1815. Nommé colonel du 24e Régiment d'Infanterie de Ligne le 3 juin 1815. Colonel du 1er Régiment d'Infanterie de Ligne le 10 juin 1815, il rejoint l'armée de la Loire. Mis en non activité le 10 septembre 1815. Mis à la retraite le 7 août 1816. Il décède à Challex le 29 septembre 1839.

 

par Jérôme Croyet publié dans : les centaures de l'Empire
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 27 juin 2005

TESTOT FERRY

Et le 1er régiment des Eclaireurs de la Garde

 

Par Jérôme Croyet

Docteur en histoire, archiviste adjoint aux A.D. de l’Ain

2003

 

                Claude Testot-Ferry est né le 20 mai 1773 à Arnay le Duc en Côte d'Or. Il est le fils d'un avocat au parlement de Bourgogne. Il s'engage volontairement au 10e régiment de chasseurs le 25 décembre 1789. Avec son régiment, il sert à l'armée du centre en 1792, puis passe à l'armée de Moselle et du Rhin jusqu'en 1796. Ce n'est que le 19 juillet 1794 qu'il passe maréchal des logis chef et c'est n'est que le 4 janvier 1797 qu'il obtient le grade de sous lieutenant, toujours au 10e chasseurs, alors que le régiment est à l'armée d'Italie. En 1799, le 10e passe à l'armée du Banube puis à l'armée du Rhin en 1801. Testot-Ferry devient capitaine le 10 novembre 1803. Alors qu'il devient aide de camp du général Marmont, le 9 avril 1804, le 10e compte 471 hommes. Il ne quitte ce poste, avec lequel il est à la Grande Armée en 1805, pour devenir chef d'escadron au 13e régiment de cuirassier, le 21 octobre 1808, en Espagne. Durant son service à la Grande Armée il obtient la Légion d'Honneur. Trois ans plus tard, le 23 octobre 1811, il devient chef d'escadron dans les dragons de la Garde Impériale. Toujours à ce poste, il reçoit 22 coups de sabre à la bataille d'Hanau. Le 16 décembre 1813, il devient colonel dans la ligne et prend le commandement du 7e dragons. "D'une rare énergie et d'une grande valeur"[1], il réintègre la Garde et prend le commandement du 1er régiment d'éclaireurs de la Garde Impériale, en 1814.

Les officiers du régiment viennent principalement de la Garde Impériale, Grenadiers à cheval, Dragons, 2e Lanciers, chasseurs mais aussi de certains régiments de la ligne, 4e et 13e chasseurs et 3e hussards. Le régiment est séparé en deux corps, vieille Garde, 501 hommes, et jeune Garde, 608 hommes. Le recrutement des hommes se fait dans les tracas et les volontarisés venant des gardes d’honneur sont nombreux[2] mais le 19 janvier 1814, le régiment est passé et revue par Napoléon et quitte Paris pour l’armée, le 25.

Cette nouvelle affectation entraîne de nouvelles dépenses pour les officiers, alors que les hommes perçoivent des tenues similaires à celles des Gardes d’honneur, qui pouvaient en parti garder les leurs[3] : « l’uniforme est celui des Gardes d’honneur. Je serai donc obligé de faire de nouvelles dépenses et aussi coûteuses que les premières ; mais j’aurai la consolation de recevoir une première mise de 2 500 francs ce qui me mettra à même de ne pas contracter de dettes » écrit le lieutenant François Zickel, venant des chasseurs à cheval de la Garde.

Leur moyenne d'âge est de 24 ans et demi. La taille des éclaireurs est relativement élevée, dépassant souvent le mètre 70, pour des chevaux d'1m35 à 38 au garrot. Le 15 mars 1814, le régiment est à la 3e division de cavalerie de la Garde Impériale avec les grenadiers et les chasseurs à cheval et ne compte plus que 200 hommes. Durant la campagne de France le régiment perd 13 officiers et 50 hommes.

Testot Ferry est fait Baron, le 16 mars 1814. Mis en demi solde le 22 juillet 1814, il est nommé aide de camp de Marmont le 27 septembre 1814. Commandeur de la Légion d'Honneur le 22 décembre 1814 et chevalier de St Louis le 27. Il est nommé colonel à l'état major le 27 mai 1818 puis général le 17 décembre 1826. Il épouse Joséphine Elisabeth Claudine Fabry, née le 17 juin 1786 à Dijon, le 12 décembre 1821. Elle est la fille de Bernard Fabry, né à Oyonnax, dans l'Ain le 30 septembre 1755. De ce mariage naîtra un fils. Claude Testot-Ferry obtient sa retraite le 28 février 1827.

 

 



[1] BRUNON (Raoul et Jean) : Garde Impériale, éclaireurs. Marseille, 1961. A.D. Ain bibliothèque Napoléonienne.

[2] 337 gardes d’honneur des 1er, 3e et 4e régiments sont versés dans le 1er éclaireurs. On y compte 45 grenadiers à cheval, 3 chasseurs de la Garde, 1 grenadier à pied de la Garde, 7 cuirassiers, 62 dragons, 7 chevau légers lanciers, 4 chasseurs à cheval et 25 pupilles qui deviennent les trompettes.

[3] Durant le 1er trimestre 1814, le régiment reçoit 1000 shakos, 1000 plumets, 1016 bonnets de police, 272 pelisses, 229 dolmans, 300 ceintures écharpes, 1004 gilets rouges unis, 1045 pantalons de cheval, 1010 porte-manteaux, 1000 paires de bottes, 475 sabretaches, 980 sabres, 448 lances, 448 pistolets, 504 carabines, 1000 ceinturons.

par Jérôme Croyet publié dans : Gardes d'honneur
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus